La Montagne

Parapluie Piganiol - L’entreprise aurillacoise a créé trois modèles avec le cartouche « Cantal Auvergne »

 

La marque rouge investit le commerce

 

Ce n’est plus seulement un autocollant, c’est une véritable marque. Et des industriels misent dessus. À l’image de Piganiol, qui a conçu des parapluies avec le cartouche « Cantal Auvergne ».

Gilles Lalloz

 

Au début, ça faisait sourire. On se demandait d’où ça venait. Mais ça plaisait. Pour preuve, le petit autocollant « Cantal Auvergne » a atterri sur un nombre croissant de pare-brise et de plaques d’immatriculation.

Puis, on a compris que le Conseil général était derrière ce cartouche. La suite logique d’une campagne de communication lancée par la mission agroalimentaire. Logique mais aussi inattendue vu le succès rencontré par ses deux mots : Cantal Auvergne, apposés sur un fond rouge. Pas question d’en faire un outil politique mais plutôt un vecteur d’appartenance, de fierté.

 

« C’est vraiment un succès incroyable ! Ces autocollants, j’en ai vu partout, même à Paris », explique Matthieu Piganiol, directeur général de l’entreprise familiale éponyme, présidée par son père. Lui-même en a apposés sur sa voiture. Alors, pas la peine de lui vendre Aurillac ou le Cantal… il adhère. Quand le Conseil général se tourne vers lui en fin d’année dernière pour réaliser une quinzaine de parapluies pour des cadeaux de Noël, sa réponse est oui. Mais il veut aller plus loin.

 

« J’avais deux exemples en tête. L’un personnel quand je suis tombé sur une marque locale en vacances. J’ai acheté un vêtement… que je n’ai plus remis ensuite. Mais je me suis dit que ces marques locales pouvaient être un créneau intéressant. Le deuxième exemple, c’était la popularité affirmée de cet autocollant rouge. Dans le Cantal, on a une identité, un territoire, un savoir-faire à défendre. Ça peut plaire aux touristes comme aux Cantaliens. »

 

La commande des quinze parapluies est exécutée. « Parce que là aussi nous avons un savoir-faire qui nous permet de faire de petites quantités… jusqu’à travailler à l’unité sur des parapluies personnalisés. » Rendez-vous est ensuite pris pour pouvoir commercialiser des produits avec la marque Cantal Auvergne.

« On a été une force de proposition. Notre styliste a soumis une dizaine de modèles au Conseil général qui possède la marque et avec qui nous avons signé une convention. »

Trois modèles (un rouge et un gris avec une grosse inscription Cantal Auvergne, un noir avec un cartouche plus discret), sont finalement mis en fabrication, avant d’être mis en vente dans la boutique Piganiol du centre-ville aurillacois. « Le parapluie est un vecteur connu et reconnu… En plus, il y avait comme une attente », reconnaît Matthieu Piganiol.

 

Et pour cause, les parapluies qui avaient servi de cadeaux à Noël ont attiré l’attention, suscité la curiosité à peine ouverts dans la rue. Tout comme ceux exposés dans la vitrine de la boutique.

 

Évidemment, ce produit vient dans ce que les commerciaux appellent une niche. Le modèle ne se vendra pas dans la Nièvre ou dans les Vosges. « Mais les Cantaliens comme les touristes qui viennent chez nous peuvent être intéressés. » D’ailleurs, l’anecdote de cet indémodable modèle de parapluie avec une vache salers « qui se vend principalement aux Parisiens en vacances ici l’été » démontre la pertinence de ce marché.

« Il n’y a pas seulement mon attachement à ma terre, mon objectif est bien de réaliser des affaires ! »

 

Et voilà comment une entreprise, numéro 1 en France dans son secteur, qui produit quelques 80 000 parapluies par an, qui travaille pour cinq grands noms de « l’hyper-luxe », qui assure la sous-traitance pour une quinzaine d’autres marques, qui sort deux collections par an autour de son produit phare « L’Aurillac », s’est lancée dans la marque rouge. « C’est sûr que nous faisons un pari sur cette marque, mais nous y croyons. »

 

Retour

« Si je suis revenu à Aurillac, ce n’est pas pour rien », lance Matthieu Piganiol. Après un bac dans le lycée privé aurillacois Saint-Eugène, il a poursuivi par une prép. puis Sup de co à Clermont, avant de s’ne aller aux États-Unis passer un Master of business administration (MBA).

Sa voie semble tracée lorsqu’il intègre une entreprise de « consulting ». Trois ans chez Accentur…avant de faire un choix : continuer de sillonner l’Europe ou revenir à Aurillac. En 2003, Matthieu Piganiol est de retour pour préparer la succession de son père, pour être la cinquième génération à la tête de l’entreprise.

« Peut-être pas la solution la plus facile ». Mais celle qui lui correspond.

La Montagne 19 03 09