La Montagne

L’or, le cuivre, le bois et les toiles de coton

 

En 1928, la fabrication de parapluies à Aurillac concernait 250 ouvriers, 500 ouvrières à domicile et représentait 1 500 000 pièces par an. La cité géraldienne était plus qu’à toute autre époque considérée, et à juste titre, comme la capitale du « pépin ». Comment en était-on arrivé là?

C’est une légende qui est à la base de tout. Elle raconte que, jadis, la Jordanne charmait des paillettes d’or. Au Moyen-Âge, cet or était échangé contre du cuivre que ramenaient les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cuivre avec lequel les artisans locaux ont fini par concevoir des pièces métalliques telles que le coulant, la noix, entrant dans la fabrication du parapluie.

 

Matières premières

 

Une industrie de mâts et de poignées a également vu le jour à partir de la riche matière première qu’offraient les forêts des alentours d’Aurillac. Quant à la couverture des parapluies, il s’agissait de toiles de coton que les paysans cantaliens ramenaient d’Espagne, après avoir vendu leur bétail.

La fabrication de parapluies en terre aurillacoise aurait donc commencé il y a cette cinquante ans, grâce à un certain Alexandre Périer, originaire du pays de Marmanhac. Colporteur de son état, l’homme a changé la face d’Aurillac lorsqu’il a décidé de créer un atelier place de l’Hôtel-de-ville. EN 1862, son entreprise employait 130 ouvriers et 90 travailleurs à domicile. Le développement de cet artisanat allait être croissant et, en 1990, le Cantal présentait ses parapluies à l’Exposition universelle de Paris.

 

Tout commença avec l’ailier d’Alexandre Périer

 

Etape importante de l’histoire du parapluie à Aurillac, l’année 1914 voyait les ouvrières se mobiliser pour leurs conditions de travail et leurs salaires.

Puis est venue l’industrialisation, dans le sillage de Marcel Sauvagnat, au début des années soixante. À cette époque est née « l’intégration verticale ». Tout était fait sur place : les baleines, l’impression et la teinture des tissus. On n’achetait que les matières premières.

En 1973, la société Sauvagnat fabriquait 150 parapluies en un quart d’heure, soit 1 200 000 par an, pour un chiffre d’affaires de 4 milliards d’anciens francs. C’était le bon temps. Avant la lame de fond des exportations chinoises qui allait tout emporter, sauf Piganiol et la Sofrap.


La Montagne 06 01 08