Agglo Mag

Vie des entreprises

Qualité artisanale pour marché mondial

 

Grâce à « L’Aurillac » et à l’adaptation au marché mondial, les parapluies Piganiol font vivre une tradition plus que centenaire.

 

D’où vient la tradition du parapluie à Aurillac ? Est-ce de la légende de l’or trouvé dans la Jordanne et échangé avec les pèlerins de St-Jacques contre du cuivre utilisé pour les pièces métalliques ? Activité de colporteurs ou de paysans…, toujours est-il qu’on trouve « des marchands de parapluie auvergnats jusqu’au Pays-Bas, au XIXe siècle, relève Jean Piganiol. Entre les deux guerres, il y avait 20 entreprises et 2 000 personnes qui travaillaient dans ce secteur, souvent à domicile. Aurillac était vraiment la capitale du parapluie ! »

 

Créée en 1884, l’entreprise est passée d’une audience régionale (avec quelques incursions vers les colonies) à une diffusion nationale via la vente par correspondance, puis européenne  et mondiale. Avec Matthieu, fils de l’actuel PDG des Parapluies Piganiol, c’est la 5e génération qui va prendre le relais d’une tradition familiale et aurillacoise. Une tradition qui s’appuie notamment sur la compétence et la fidélité des 45 employés, et sur la création de « L’Aurillac » en 1995.

 

La révolution de « L’Aurillac »

 

« Avec Dalbin et Sofrap, nous avons créé un GIE et mis en place un cahier des charges. Il portait sur la solidité et la légèreté des montures, avec des baleines en carbone et fibre de verre, les moules pour les poignées, les tissus, l’étanchéité des coutures… Travailler ensemble a constitué une véritable révolution :

les 3 équipes dirigeantes ont visité les 3 usines pour prendre le meilleur de chacune. » Véhiculant l’image de marque à la fois de l’objet et de la ville, cette initiative a sauvé une production locale et est devenue un exemple « reconnu au niveau de l’Europe, souligne Jean Piganiol. Tout le monde y a mis du sien, notamment les collectivités : c’est le District qui avait déposé la marque »; dépôt que vient de renouveler la Communauté d’Agglomération.

 

« L’Aurillac » est une des réponses à la mondialisation qui avait bouleversé le marché du parapluie. Pour s’y adapter plutôt que de la subir, l’autre réponse de Jean Piganiol est le négoce. Dès 1982, il effectue ses premiers voyages en Chines. « Sur la base de nos cahiers des charges, nous avons développé une sous-traitance de qualité pour la vente de parapluies vers la grande distribution. » 500 000 à un million de pièces sont vendues chaque année sous la marque CityOne ou sous les marques distributeurs. Cette activité représente aujourd’hui 60% du chiffre d’affaires de 4,8 M€. « Elle nous a permis de mieux résister et de sauver les emplois ici. »

 

La mode de l’été… 2010 !

 

La fabrication aurillacoise est, elle, consacrée au parapluie haut de gamme. « Mon grand-père fabriquait 250 000 parapluies par an, aujourd’hui nous en fabriquons 75 000. Mais il travaillait sur des séries, alors que nous travaillons sur des niches. Nous sommes des artisans avec un outil industriel. »

 

En 2004, face à la disparition de ses fournisseurs, la société Piganiol a même repris en interne l’impression de 80% des tissus pour les 2 collections annuelles. Chacune se compose de 150 parapluies créées par Martine Piganiol qu’une styliste a rejoint. Un bureau de style parisien les aide à décrypter les tendances de la mode pour l’été… 2010 !

 

« Un tiers de notre production est réalisé pour des grands groupes de luxe, détaille Matthieu Piganiol. Un tiers est commercialisé chez des maroquiniers-détaillants, et un tiers correspond à des fabrications évènementielles, sur mesure. Sur notre site Internet, chacun peut même créer son propre parapluie, à partir de photos. »

Leader en France, Piganiol exporte au Bénélux, en Allemagne, Australie, aux États-Unis et surtout au Japon. Plus de problème de saison quand on vend sous toutes les latitudes !

 

À Aurillac, les gestes n’ont pas changé : découpe des 8 panneaux du parapluie, couture, assemblage avec la monture, repassage, pose de la poignée. La précision au millimètre est doublée de contrôles rigoureux. Car la qualité est au cœur du secret d’une production plus que centenaire adaptée au marché mondial !

 

www.piganiol.fr

Agglo Mag Piganiol Décembre 2008-16 Abis