La Montagne

La société aurillacoise, créée en 1884, est aujourd’hui le numéro 1 du parapluie en France

 

Cinq générations de Piganiol

par Thierry Senzier

 

Avec un chiffre d’affaires de quelque 4 millions d’euros sur l’exercice précédent, la société Piganiol, implantée à Aurillac, est le n°1 du parapluie en France. Une suprématie acquise au fil des ans, depuis 1884.

 

Une affaire de famille

 

Matthieu Piganiol, entré dans la société en 2003, représente la cinquième génération de cette entreprise familiale. « Chaque génération a apporté quelque chose de nouveau, raconte Jean, ke père de Matthieu, actuel directeur général de la société. Alors que mon arrière-grand-père a noué des contacts avec Madagascar et l’Afrique du Nord, avec ces colonies pour qui il fabriquait des parapluies de berger. Mon père, lui, a pris les rênes au moment de la décolonisation. Devant la perte de chiffre d’affaires, il a saisi le marché des grands magasins. Pour ma part, j’ai travaillé sur l’export. Je suis persuadé que si je n’avais pas fait de négoce, ma boîte serait foutue aujourd’hui. »

 

L’entreprise

 

La société Piganiol emploie actuellement 45 personnes. Dans l’usine aurillacoise, sise rue Ampère, quelque 80 000 parapluies sont fabriqués dans l’année. « Un tiers est destiné aux grands couturiers, un autre tiers aux détaillants maroquiniers, explique Jean Piganiol. Le dernier tiers repose sur l’évènementiel, du type parapluie publicitaire pour des congrès. Pour compléter cette offre, nous avons lancé il y a deux-trois ans le parapluie unique, personnalisé, que les particuliers peuvent commander par Internet. »

 

L’offensive

 

La société consacre beaucoup de temps à la création et travaille avec un bureau de style. Elle dispose de six commerciaux exclusifs en France, d’un agent en Belgique, d’un distributeur en Allemagne et de plusieurs distributeurs au Japon. Piganiol travaille aussi sur la Russie et la Corée-du-Sud.

En 2000, suite au dépôt de bilan de la société Dalbin, Piganiol a repris l’activité, transféré toutes les machines dans son usine et intégré dans son effectif 13 des 29 salariés de Dalbin.

 

Le Japon

 

Cela fait plus de dix ans que la société Piganiol travaille avec le Japon. « Là-bas, le parapluie est plus qu’un produit utilitaire, souligne Jean Piganiol. C’est un objet de reconnaissance sociale. Les Japonais possèdent en moyenne cinq parapluies chacun. » Outre la contribution à donner une belle image des produits français dans ce pays, le marché japonais revêt un intérêt particulier pour Piganiol. « Les Japonais étant très exigeants, nous avons développé des normes de qualité que l’on ne connaît pas en Europe. Cela nous a permis des remises en cause importantes sur les normes de fabrication? »

 

La Chine

 

« Je suis allé pour la première fois en Asie il y a vingt-cinq ans pour faire sous-traiter les parapluies. Mais avec l’idée d’imposer un cahier des charges. Cela nous a permis de préserver un gage de qualité pour nos clients et de nouer des contacts avec 90 % de la grande distribution. »