Challenges

La France a connu son pire été depuis 1977 en termes de pluie et de déficit d’ensoleillement.

 

Même par temps de pluie, le tourisme citadin sourit

 

« Entre trente-trois ans, jamais je n’avais connu un aussi bel été. » Ces derniers mois pluvieux rendent euphorique Jean Piganiol, à la tête de l’une des deux dernières fabriques de parapluies d’Aurillac. Ses 45 salariés ont même dû faire des heures sup’ pour honorer les dernières commandes. Comme lui, ils sont quelques-uns à se réjouir de cet été pourri. Tandis que d’autres, cafetiers, marchands de glaces ou de crèmes solaires, installateurs de ventilateurs, propriétaires de campings, se lamentent…

Les bons résultats ne sont pourtant pas tous à imputer à l’absence de soleil. Certes, les ventes de livres se sont envolées (+ 7% en juillet, +12% en août). « Mais, plus que la météo, il faut y voir un rattrapage logique après la stagnation du printemps », relativise Sophie Martin, directrice d’Ipsos Culture.

 

Reste que cinémas, musées et parcs d’attractions jouent les vainqueurs. « Et parmi eux, ceux qui ont su se renouveler enregistrent les meilleures performances », note Didier Arino, associé-gérant du cabinet d’études Protourisme. Ainsi, Océanopolis, le parc de découverte des océans à Brest, a battu son record d’affluence le 14 août : sous une pluie incessante 10 132 visiteurs se sont attendris devant Sanna, le bébé phoque tout juste né. Le Futuroscope, qui fête son vingtième anniversaire, dépasse lui aussi ses prévisions les plus optimistes : +20% par rapport à l’été dernier. « Sur l’année, nous dépasserons 1,5 million  de visiteurs, contre 1,4 million en 2006. Ce sont les meilleurs chiffres depuis la fin des années 1990 », se réjouit Nicolas Krener, directeur de l’exploitation. À Paris, la tour Montparnasse a enregistré une croissance du nombre de ses visiteurs de 24% cet été. « Même par temps de pluie, la terrasse panoramique du dernier étage reste une expérience sensorielle inoubliable », justifie Patrick Abisseror, directeur général de la société Montparnasse 56.

De manière générale, les touristes ont profité du mauvais temps pour visiter les villes. De Bordeaux, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, à Strasbourg, désormais relié à Paris en deux heures vingt, toutes les grandes cités ont profité d’une embellie. « Avec 80% de taux d’occupation des hôtels, la saison se révèle excellente. Paris bénéficie d’une excellente image. On y vient pour le shopping et le culture », explique Paul Roll, directeur de l’office de tourisme de Paris.

Car, ici comme sur la Côte d’Azur, les étrangers sont revenus. De Saint-Tropez à Monaco, tous les hôteliers arborent un sourire ravi. « Plus de 90% de taux d’occupation en juillet, 97% en août au Majestic et Gray d’Albion, et ce malgré des prix moyens en augmentation de 20% », se félicite Pascal Brun, directeur général des hôtels et casinos Barrière de Cannes. Et l’automne s’annonce tout aussi prometteur.                                F.R

Challenges 30 08 07